Comment changer la logique stratégique de la lutte contre la « guerre de l’ombre » russe

L’heure de la vengeance : Comment changer la logique stratégique de la lutte contre la « guerre de l’ombre » russe

La crise de la défense passive et l’inertie stratégique

Dans l’architecture de sécurité occidentale actuelle, un fossé dangereux sépare les succès tactiques des réalités stratégiques. Un État qui, après chaque acte de sabotage, se contente d’arrêter l’auteur, d’en éliminer les conséquences et de renforcer la sécurité de la cible suivante peut certes faire preuve d’efficacité au niveau policier, mais se condamne simultanément à la défaite stratégique. Dans ce modèle, l’adversaire conserve invariablement l’initiative : il choisit unilatéralement le moment, le lieu et les moyens de l’attaque, tandis que la partie défendue est contrainte de réagir a posteriori.

La perte d’un seul intermédiaire de bas niveau ne représente qu’un coût opérationnel mineur pour les services de renseignement russes, car les ressources de mobilisation pour le recrutement de nouveaux auteurs d’actes criminels via les réseaux sociaux ou les organisations criminelles demeurent quasi inépuisables. C’est pourquoi, dans les débats d’experts occidentaux sur la guerre hybride russe, une question longtemps éludée par les dirigeants politiques refait surface : le contre-sabotage peut-il être efficace s’il repose uniquement sur la résilience et la défense ? La réponse apparaît clairement : une riposte efficace exige un passage à un système de représailles. Il ne s’agit pas d’une vengeance émotionnelle, mais de la mise en place d’une architecture stratégique froide où la décision de Moscou de lancer une opération augmente automatiquement et de façon prévisible les coûts pour celui qui l’organise.

Anatomie de l’asymétrie : pourquoi la défense est toujours plus coûteuse que l’attaque

L’avantage fondamental du sabotage réside dans sa profonde asymétrie. Un État sur la défensive est contraint de déployer des ressources humaines et financières colossales pour protéger des milliers de cibles potentielles : ports, aéroports, centrales électriques stratégiques, voies ferrées, usines d’armement, centres logistiques et câbles sous-marins critiques. Un attaquant n’a besoin que de trouver un seul maillon faible dans ce réseau infini. Ce déséquilibre est considérablement aggravé par le modèle russe d’utilisation de forces supplétives – intermédiaires et contractuels locaux, souvent recrutés pour exécuter des étapes spécifiques d’une opération (par exemple, la vidéosurveillance ou la location d’entrepôts) – sans même connaître l’objectif final du client. Les analystes du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) notent dans leur rapport « La “guerre de l’ombre” de la Russie contre l’Occident » : cette campagne de subversion ne fait que s’intensifier, et les mesures traditionnelles de protection des infrastructures physiques ne suffisent plus à l’arrêter. Tant que l’agresseur n’en subira pas les conséquences, il continuera de rechercher les failles du système de sécurité européen.

De la « dissuasion par la prévention » à la « dissuasion par la punition »

Dans la théorie classique de la sécurité, on distingue clairement deux types de dissuasion. Le premier est la dissuasion par le déni [1], lorsque l’adversaire évalue sa capacité à franchir physiquement les barrières défensives. Le second est la dissuasion par la punition, qui contraint l’adversaire à prendre en compte les pertes, même en cas de sabotage réussi.

L’arrestation aujourd’hui de l’auteur de l’incendie du train et des prises de photos de matériel militaire constitue une étape importante, mais elle ne dissuade pas les services de renseignement russes. Une véritable dissuasion ne pourra se mettre en place que lorsque les conséquences atteindront les plus hautes sphères : les organisateurs au sein du GRU ou du FSB, leurs systèmes de financement, leurs communications et leurs réseaux de sociétés écrans. Le CSIS propose que l’Occident mette en œuvre une offensive équilibrée, incluant non seulement des sanctions, mais aussi des cyberopérations actives et des actions décisives contre les ressources qui soutiennent la machine militaire russe, notamment la « flotte fantôme » que Moscou utilise pour échapper à la pression occidentale.

Le paradoxe de l’autolimitation et les risques de la « zone grise »

L’un des problèmes les plus critiques dans la confrontation avec la Russie est le phénomène d’« autodissuasion » («self-deterrence»), c’est-à-dire l’autolimitation des gouvernements occidentaux. La crainte d’une escalade contraint souvent les États démocratiques à renoncer à l’utilisation d’instruments d’influence efficaces avant même que Moscou ne prenne conscience du véritable coût de leurs actions.

Un paradoxe dangereux se dessine : une politique visant à minimiser les risques d’escalade accroît en réalité le champ d’action des opérations russes, menées délibérément en deçà du seuil de la guerre ouverte. Si les stratèges russes constatent qu’un nouvel acte de sabotage contre une infrastructure critique n’entraînera que l’arrestation d’un individu de bas niveau et une énième déclaration d’inquiétude, le risque demeure parfaitement acceptable. Dans cette optique, la prudence occidentale n’empêche pas le conflit, mais alimente les calculs de l’ennemi, l’incitant à des actions toujours plus audacieuses.

Le problème de l’attribution et la réponse collective au sein de l’OTAN

Des experts du Centre international pour la défense et la sécurité (ICDS) soulignent que les attaques hybrides séduisent les autocraties précisément parce que les démocraties éprouvent d’énormes difficultés à y répondre rapidement et de manière proportionnée. Les opérations russes sont délibérément conçues pour rendre l’attribution – le processus permettant de prouver la responsabilité directe de l’État client – aussi difficile que possible. Ceci crée des obstacles politiques à une réponse décisive.

Pour sortir de ce piège, il est nécessaire de développer des capacités de contre-espionnage, de partager rapidement les renseignements et de créer des coalitions d’États prêts à agir de concert sans attendre le consensus de tous les membres des organisations internationales. La conclusion est claire : la Russie doit comprendre que ses actions ne resteront pas impunies. De plus, le débat a déjà atteint le plus haut niveau de l’état-major. L’amiral Giuseppe Cavo Dragone, président du Comité militaire de l’OTAN, a insisté sur la nécessité de passer d’une attitude purement réactive à une approche proactive, notamment dans le cyberespace, où l’action préventive peut être considérée comme une forme légitime de défense collective, malgré des contraintes juridiques et éthiques complexes.

Une nouvelle philosophie de la riposte : asymétrie et levée du voile sur le secret :

Des experts du Conseil européen des relations étrangères (ECFR) constatent que, jusqu’à présent, la réponse de l’Europe a été essentiellement défensive, alors que l’époque exige le développement de capacités offensives dans les domaines de l’information, du cyberespace et de la finance. Toutefois, le concept de représailles doit être repensé. Répondre à un acte criminel par un acte criminel ne saurait être une réponse irrévocable ; ce serait une pâle imitation des méthodes d’un État terroriste.

La riposte doit s’exercer sur d’autres points faibles de la Russie :

  • couper les flux financiers et démanteler les circuits de rémunération des saboteurs ;
  • L’un des coups les plus durs est la révélation publique de l’identité des agents de renseignement, des sociétés écrans et des avoirs (notamment la « flotte de l’ombre »). La mise au jour des profils d’agents de renseignement de carrière et des réseaux d’espionnage peut, en quelques jours, anéantir l’infrastructure d’influence que le Kremlin a bâtie au fil des années ;
  • Mesures informationnelles et cybernétiques ciblant les ressources essentielles à la gestion des opérations.

Principe clé : la riposte doit être prévisible en règle générale (l’agression entraîne toujours des conséquences), mais totalement imprévisible dans sa méthode (l’adversaire ne doit pas savoir précisément où il subit des pertes).

Dimension psychologique : le phénomène d’habituation et la résilience sociétale

Lors de l’élaboration d’une stratégie de riposte, il est essentiel de prendre en compte non seulement les dommages matériels, mais aussi le phénomène d’habituation – l’acclimatation psychologique progressive de la société à une menace constante. L’expérience des pays démocratiques montre que l’adaptation aux situations de crise est un mécanisme de défense psychologique naturel. En particulier, des études menées après les attentats de Londres de juillet 2005 [2] et la série d’attaques terroristes en France (2015-2016) ont démontré que le stress aigu initial et les restrictions des transports publics ont laissé place à un retour à la normale en quelques mois. La société ne devient pas totalement indifférente, mais la menace s’intègre à la routine : les gens continuent de vivre normalement, même s’ils perçoivent de nouvelles attaques comme probables.

Cependant, la Russie contemporaine se trouve confrontée à un environnement de menace fondamentalement différent et beaucoup plus intense, qui change radicalement la donne. Depuis février 2022, les informations faisant état d’attaques de drones, d’explosions et d’incendies d’infrastructures font partie du quotidien des Russes. Une étude menée par le Laboratoire de sociologie publique [3] dans la région de Koursk a mis en évidence une rapidité d’adaptation frappante : quelques semaines seulement après le début des bombardements réguliers, ignorer les sirènes d’alerte aérienne est devenu une norme sociale locale. Les sirènes ne perturbaient plus systématiquement le rythme de vie habituel ; les habitants continuaient leurs activités quotidiennes, négligeant les abris anti-bombes.

Parallèlement, les données du Centre Levada [4] soulignent une nuance importante : la banalisation de ces incidents ne signifie pas la disparition de la peur. Le niveau d’inquiétude face aux explosions et aux attentats terroristes parmi les Russes a atteint 27 %, soit une augmentation de huit points de pourcentage par rapport à novembre 2025. Cela indique que la société perçoit le danger, mais aussi qu’elle le considère comme une conséquence inévitable de la guerre.

Ceci est crucial pour une stratégie de dissuasion. Il existe une profonde asymétrie de perception : les sociétés européennes, en temps de paix, réagissent à chaque acte de sabotage grave – qu’il s’agisse d’un incendie d’usine ou de la fermeture d’un aéroport majeur – comme à un événement extraordinaire qui devient instantanément un enjeu politique urgent. En Russie, un incident d’une ampleur similaire se trouve en concurrence avec le flux quotidien d’informations sur les opérations au front et, par conséquent, ne produit souvent pas le même impact psychologique.

Par conséquent, la symétrie des destructions matérielles ne garantit pas la symétrie des effets stratégiques. Copier mécaniquement les méthodes russes – répondre à un incendie criminel par un autre incendie criminel – risque d’être non seulement inacceptable juridiquement, mais aussi stratégiquement inutile. Dans un contexte où la société et l’appareil d’État considèrent déjà un certain niveau de destruction comme le coût normal d’un conflit en cours, la riposte ne saurait se mesurer à l’aune du volume d’une explosion ou de la superficie brûlée.

Une véritable riposte doit viser à briser la banalisation de la menace. Plutôt que de chercher à surpasser l’ennemi en termes de chaos matériel, il est nécessaire de cibler des ressources irremplaçables : démanteler les réseaux de renseignement construits au fil des ans, bloquer les circuits financiers et détruire l’infrastructure logistique qui soutient de nouveaux actes de sabotage. L’efficacité des mesures de représailles doit se mesurer à leur capacité à infliger des dommages systémiques à l’ennemi, dépassant sa tolérance aux coûts d’un conflit en cours.

Le coût de l’espionnage : comment transformer la machine de renseignement russe en un instrument d’agression coûteux

L’ampleur de cette menace est illustrée par les données présentées par Martin Jäger, président du Service fédéral de renseignement allemand (BND), lors de la Conférence de Munich sur la sécurité en février 2026 : la Russie compte environ 60 000 agents de renseignement dans le monde, sans compter son vaste réseau d’agents. Il s’agit d’une immense machine d’État pour laquelle l’arrestation d’un seul agent subalterne représente une simple dépense opérationnelle courante qui ne perturbe pas le fonctionnement de l’ensemble du système.

C’est précisément pourquoi les contre-mesures efficaces doivent privilégier la rentabilité stratégique à la dénonciation, plutôt que le spectaculaire ou la recherche de couverture médiatique. Elles doivent cibler les ressources les plus difficiles à récupérer pour l’adversaire : personnel qualifié, soutien logistique et mécanismes bien établis de recrutement et de financement des agents. La véritable riposte ne consiste pas à répondre à un incendie criminel par un autre incendie criminel, mais plutôt à détruire ce qu’il est le plus difficile pour l’ennemi de reconstituer : démasquer les membres actifs de ses services de renseignement, bloquer les sources de financement des opérations et démanteler l’ensemble du réseau de renseignement dans lequel le Kremlin a investi des décennies et des milliards.

L’efficacité des contre-mesures ne doit pas se mesurer au nombre de mètres carrés brûlés, mais à la valeur des ressources perdues par l’ennemi et au temps nécessaire pour les reconstituer. Démanteler les réseaux de sabotage en bloquant les sources de financement et en démasquant les membres actifs de leurs services de renseignement a un impact bien plus important sur le système que de simplement copier mécaniquement les méthodes de sabotage russes. Seule une telle stratégie peut véritablement modifier les calculs des planificateurs, les amenant à remettre en question la faisabilité des opérations ultérieures en raison de leur coût exorbitant.

Partenariats public-privé : Mobiliser les capacités non étatiques pour la riposte

Une riposte efficace aux opérations ennemies ne doit pas reposer uniquement sur la responsabilité des agences gouvernementales. Chaque acte de sabotage – de la préparation d’un incendie de train à une cyberattaque complexe – requiert des financements, des comptes bancaires, l’intervention d’intermédiaires, des cryptomonnaies, des documents, des moyens de transport et une logistique performante. C’est dans ces domaines que le secteur privé possède des compétences, des informations, des analyses et des technologies uniques qui renforcent les capacités des agences gouvernementales.

Les institutions bancaires disposent de données sur les flux financiers et sont capables de suivre les transactions suspectes liées au financement d’opérations de sabotage ou à l’acquisition de matériel. Les opérateurs de satellites privés fournissent des renseignements en temps réel et à haute résolution, et les entreprises technologiques connaissent parfaitement l’infrastructure numérique et ses vulnérabilités, ce qui accroît les capacités des agences gouvernementales. La collaboration avec des sociétés d’analyse spécialisées permet de reconstituer les réseaux cachés de propriété et de liens économiques, révélant ainsi les sociétés écrans et les actifs que le Kremlin accumule depuis des années pour dissimuler sa « guerre de l’ombre ».

Une attaque contre les systèmes de financement et de logistique peut passer inaperçue dans les médias, mais elle augmente considérablement le coût de fonctionnement de l’ensemble du système adverse. Plus les méthodes de transfert de fonds sont complexes (y compris celles utilisant les cryptomonnaies) et plus un adversaire doit recourir à des intermédiaires, plus le risque de détection et d’interruption des opérations ultérieures est élevé. Dans ce contexte, le secteur privé fournit aux organismes gouvernementaux les capacités, les informations, les analyses et les technologies nécessaires pour agir avec une précision maximale.

Toutefois, le recours à des acteurs privés présente des limites évidentes. Si le secteur non gouvernemental peut fournir des renseignements et des analyses, les entreprises privées ne devraient pas mener d’opérations de riposte de manière indépendante, et les décisions relatives aux mesures coercitives devraient relever exclusivement des agences gouvernementales. L’affaire Blackwater [5] constitue un sérieux avertissement pour l’Occident. En 2009, le Washington Post a révélé que la CIA avait confié à cette entreprise certaines tâches liées à un programme clandestin visant des dirigeants d’Al-Qaïda. Bien que les tentatives d’assassinat planifiées n’aient pas abouti, le simple fait de recourir à un sous-traitant pour permettre à la CIA de se dégager de toute responsabilité [6] en cas d’échec a soulevé des questions de contrôle, de légalité et de responsabilité politique.

En effet, tenter de se dégager de toute responsabilité par le biais de sous-traitants ne fait que créer une illusion de sécurité pour le gouvernement ; cela ne le dégage pas de ses responsabilités. L’externalisation peut accroître les capacités des agences gouvernementales, mais elle ne devrait jamais servir d’outil pour se soustraire à ses responsabilités. La décision de mener des opérations, de sélectionner les cibles, d’évaluer leur légalité et d’assumer la responsabilité des conséquences doit incomber à l’État. Le secteur privé peut fournir des informations, des technologies et des analyses permettant d’identifier l’ennemi et ses ressources, mais la décision d’employer des mesures coercitives et de mener des opérations de représailles doit relever exclusivement des organes étatiques, agissant dans le cadre de la loi.

Conclusion : Rendre le sabotage stratégiquement coûteux

L’essence même de la stratégie de représailles repose en fin de compte sur une modification des calculs du Kremlin. Aujourd’hui, pour les services de renseignement russes, le sabotage est une opération peu coûteuse et à faible risque, où l’auteur est facilement remplaçable et sa perte considérée comme une simple dépense courante. Il est impératif de rompre avec cette logique.

Les représailles ne doivent pas être une vengeance, une simple reproduction des méthodes russes, ni un accord pour mener une guerre secrète incontrôlée. Elles doivent devenir un élément de dissuasion fondé sur des conséquences réelles. Protéger la prochaine équipe du prochain pyromane ne suffit pas. La situation doit atteindre un seuil où un client potentiel à Moscou, avant d’envoyer un nouvel auteur d’actes de sabotage, doit se poser une question bien plus importante : cet acte précis justifie-t-il le prix que le système étatique russe devra inévitablement payer ? Ce n’est que lorsque le coût des opérations dépassera leurs bénéfices que la « guerre de l’ombre » menée par la Russie perdra tout son sens.

Volodymyr Palyvoda,
Expert en relations internationales

Photo : SBU

Notes :

[1] Ce concept, à l’instar de son pendant, la « dissuasion par la punition » («deterrence by punishment»), a été formulé et décrit en détail pour la première fois par l’éminent politologue et théoricien des relations internationales américain Glenn Snyder dans son ouvrage «Deterrence and Defense: Toward a Theory of National Security», publié en 1961

[2]. Les attentats de Londres du 7 juillet 2005 étaient une série de quatre attentats-suicides coordonnés perpétrés dans les transports en commun de la capitale britannique. Ces attaques ont fait 52 morts et plus de 700 blessés.

[3] Fondé en 2011, le Laboratoire de sociologie publique étudie la société, les mouvements sociaux et les processus politiques en Russie et dans l’espace post-soviétique. En mars 2024, le ministère russe de la Justice l’a inscrit sur la liste des « agents étrangers » pour avoir critiqué la guerre contre l’Ukraine.

[4] Fondé en 2003, le Centre Levada est un organisme de recherche non gouvernemental russe qui réalise des études sociologiques et marketing. En septembre 2016, le ministère russe de la Justice l’a inscrit sur la liste des « agents de l’étranger » pour avoir reçu des financements étrangers (notamment des États-Unis) et mené des activités politiques.

[5] Blackwater est l’une des plus importantes sociétés militaires privées au monde. Fondée aux États-Unis en 1997 par l’ancien officier de la marine Erik Prince et l’instructeur All Clark, elle fournissait des services de sécurité et militaires, assurant la protection des diplomates et des installations américaines pendant les guerres d’Irak et d’Afghanistan. Son personnel comprenait d’anciens membres des forces spéciales (tels que les Navy SEALs et les Rangers). Suite à des scandales et des accusations de brutalités et de meurtres de civils, la société a été rebaptisée « Xe Services LLC » en 2009, puis « Academi » depuis 2010.

[6] Dans le contexte des opérations clandestines, l’expression « distance supplémentaire » désigne la création d’une zone tampon politique et juridique (un mécanisme de « déni plausible »). Ce mécanisme permet, en cas d’échec ou de révélation d’une transaction, à l’État de se dégager de toute responsabilité, de nier son implication et de rejeter la faute sur le contractant privé.

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